Annonce de l’Année sainte extraordinaire de la miséricorde

Mar 17, 2015 No Comments by

Le jugement qui vient de Dieu « est un jugement de miséricorde », déclare le pape François, dans son homélie pour la célébration pénitentielle au cours de laquelle il a annoncé une « année sainte extraordinaire de la miséricorde ». 

Le pape a présidé cette célébration en la basilique Saint-Pierre, vendredi, 13 mars, en l’anniversaire de son élection comme Successeur de Pierre.

Voici notre traduction intégrale de l’homélie du pape François.
Homélie du pape François

Cette année aussi, à la veille du quatrième Dimanche de Carême, nous nous sommes réunis pour célébrer la liturgie pénitentielle. Nous sommes unis à tant de chrétiens qui, aujourd’hui, dans toutes les parties du monde, ont accueilli l’invitation à vivre ce moment comme un signe de la bonté du Seigneur. En fait, le sacrement de la Réconciliation permet de s’approcher du Père avec confiance pour avoir la certitude de son pardon. Il est vraiment « riche en miséricorde » et il l’étend avec abondance sur tous ceux qui recourent à Lui d’un cœur sincère.

Etre ici pour faire l’expérience de son amour c’est de toute façon, avant tout, le fruit de sa grâce. Comme l’apôtre Paul nous l’a rappelé, Dieu ne cesse jamais de montrer la richesse de sa miséricorde au cours de siècles. La transformation du cœur qui nous porte à confesser nos péchés est un « don de Dieu ». Par nous-même, nous ne pouvons pas. La possibilité de confesser nos péchés est un don de Dieu, c’est un cadeau, c’est « son œuvre » (cf. Ephésiens 2, 8-10). Être touchés avec tendresse par sa main et modelés par sa grâce nous permet, par conséquent de nous approcher du prêtre sans crainte pour nos fautes, mais avec la certitude d’être accueillis par lui au nom de Dieu, et d’être compris malgré nos misères ; mais aussi de nous approcher sans avocat de la défense : nous n’en avons qu’un seul, qui a donné sa vie pour nos péchés ! C’est Lui qui, avec le Père, nous défend toujours. En sortant du confessionnal, nous sentirons sa force qui redonne la vie et restitue l’enthousiasme de la foi. Après la confession nous seront nés à nouveau.

L’Évangile que nous avons écouté (cf. Luc 7,36-50) nous ouvre un chemin d’espérance et de réconfort. C’est bon de sentir sur nous le regard même de Jésus, plein de compassion, comme l’a perçu la femme pécheresse dans la maison du pharisien. Dans ce passage deux mots reviennent avec insistance : amour et jugement.

Il y a l’amour de la femme pécheresse qui s’humilie devant le Seigneur ; mais auparavant encore, il y a l’amour miséricordieux de Jésus pour elle, qui la pousse à s’avancer. Ses larmes de repentir et de joie lavent les pieds du Maître, et ses cheveux les essuient avec gratitude ; ses baisers sont l’expression de son affection pure ; et l’onguent parfumé versé en abondance atteste combien Il est précieux à ses yeux. Chaque geste de cette femme parle d’amour et exprime son désir d’avoir une certitude inébranlable dans sa vie : celle d’avoir été pardonnée. Et cette certitude est très belle ! Et Jésus lui donne cette certitude : en l’accueillant, il lui manifeste l’amour de Dieu pour elle, pour elle justement, une pécheresse publique ! L’amour et le pardon sont simultanés : Dieu lui pardonne beaucoup, lui pardonne tout, parce qu’« elle a beaucoup aimé » (Luc 7,47).

Et elle, elle adore Jésus parce qu’elle sent qu’en Lui il y a la miséricorde et pas de condamnation. Elle sent que Jésus la comprend avec amour, elle, qui est une pécheresse. Grâce à Jésus, ses nombreux péchés Dieu les rejette derrière lui, il ne s’en souvient plus (cf.Is 43,25). Parce que cela aussi est vrai : quand Dieu pardonne, il oublie. Il est grand le pardon de Dieu ! Pour elle, une nouvelle période commence maintenant ; elle est née à nouveau dans l’amour à une vie nouvelle.

Cette femme a vraiment rencontré le Seigneur. Dans le silence, elle lui a ouvert son cœur ; dans la douleur, elle lui a manifesté son repentir pour ses péchés ; par ses larmes, elle a fait appel à la bonté divine pour recevoir le pardon. Il n’y aura pour elle aucun jugement sinon celui qui vient de Dieu, et c’est le jugement de la miséricorde. Le protagoniste de cette rencontre est certainement l’amour, la miséricorde qui va au-delà de la justice.

Simon, le maître de maison, le pharisien, au contraire, ne réussit pas à trouver le chemin de l’amour. Tout est calculé, tout est pensé, …. Il s’arrête sur le seuil du formalisme. Ce n’est pas beau, l’amour formel, on ne le comprend pas. Il n’est pas capable d’accomplir le pas suivant pour aller à la rencontre de Jésus qui lui apporte le salut. Simon s’est limité à inviter Jésus à déjeuner, mais il ne l’a pas vraiment accueilli. En pensée, il invoque seulement la justice et en faisant ainsi il se trompe. Son jugement sur la femme l’éloigne de la vérité et il ne lui permet pas non plus de comprendre qui est son hôte. Il s’est arrêté à la superficie – au formalisme – il n’a pas été capable de regarder le cœur. Face à la parabole de Jésus et à la question : quel serviteur a aimé le plus ? Le pharisien répond correctement : « Celui auquel il a remis le plus. Et Jésus ne manque pas de lui faire observer : « Tu as bien jugé » (Lc 7,43). C’est seulement quand le jugement de Simon tourné vers l’amour, qu’il est dans le juste.

Le rappel de Jésus pousse chacun de nous à ne jamais s’arrêter à la superficie des choses, surtout quand nous sommes face à une personne. Nous sommes appelés à voir au-delà, à miser sur le cœur pour voir de quelle générosité chacun est capable. Personne ne peut être exclu de la miséricorde de Dieu. Tous connaissent le chemin pour y accéder et l’Église est la maison qui accueille tout le monde et ne refuse personne. Ses portes sont en permanence grandes ouvertes, pour que tous ceux qui sont touchés par la grâce puissent trouver la certitude du pardon. Plus grand est le péché et encore plus grand doit être l’amour que l’Église exprime à ceux qui se convertissent.

Avec combien d’amour Jésus nous regarde ! Avec combien d’amour il guérit notre cœur de pécheur ! Jamais il ne s’effraye de nos péchés. Pensons au fils prodigue qui, quand il décide de retourner chez son père, pense lui faire un discours, mais son père ne le laisse pas parler, il l’embrasse (cf. Luc 15, 17-24). Jésus fait ainsi avec nous. « Père, j’ai tant de péchés…. » – « Mais lui sera content si tu vas : il t’embrassera avec tant d’amour ! N’aie pas peur ».

Chers frères et sœurs, j’ai souvent pensé à la façon dont l’Église pourrait rendre plus évidente sa mission d’être témoin de la miséricorde. C’est un chemin qui commence par une conversion spirituelle ; nous devons faire ce chemin. C’est pour cela que j’ai décidé l’indiction d’un Jubilé extraordinaire qui ait à son centre la miséricorde de Dieu. Ce sera une Année Sainte de la Miséricorde. Nous voulons la vivre à la lumière de la parole du Seigneur : « Soyez miséricordieux comme votre Père » (cf. Luc 6,36). Et ceci spécialement pour les confesseurs ! Tant de miséricorde !

Cette Année Sainte commencera à la prochaine solennité de l’Immaculée Conception et se conclura le 20 novembre 2016, le Dimanche de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers et visage vivant de la miséricorde du Père. Je confie l’organisation de ce Jubilé au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, pour qu’il puisse l’animer comme une nouvelle étape du chemin de l’Église dans sa mission d’apporter à chaque personne l’Évangile de la miséricorde.

Je suis convaincu que toute l’Église, qui a tellement besoin de recevoir la miséricorde, parce que nous sommes des pêcheurs, pourra trouver dans ce Jubilé la joie de redécouvrir et rendre féconde la miséricorde de Dieu, par laquelle nous sommes tous appelés à apporter la consolation à tout homme et à toute femme de notre temps. N’oublions pas que Dieu pardonne tout, et que Dieu pardonne toujours. Ne nous lassons pas de demander pardon. Confions dès maintenant cette Année à la Mère de la Miséricorde, pour qu’elle tourne vers nous son regard et qu’elle veille sur notre chemin : notre chemin pénitentiel, notre chemin le cœur ouvert, pendant un an, pour recevoir l’indulgence de Dieu, pour recevoir la miséricorde de Dieu.

(c) Traduction de Zenit, Hugues de Warren
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